Le transport maritime international a été frappé de plein fouet par la guerre débutée le 28 février au Moyen-Orient. Si un cessez-le-feu fragile a été annoncé à la date de rédaction de cet article, les tensions autour de l’approvisionnement pétrolier mondial, les routes maritimes détournées par mesure de sécurité, et leurs conséquences en cascade ont brutalement rappelé à quel point le commerce international demeure dépendant de son infrastructure énergétique.
Pour élaborer une vision stratégique de nos chaînes d’approvisionnement, il est essentiel d’examiner ces facteurs de volatilité, au-delà des circonstances que nous connaissons aujourd’hui. Comme souvent dans l’histoire énergétique, ces crises ne sont pas des accidents mais des révélateurs. Elles mettent en lumière la nature structurellement instable d’un système énergétique sur lequel reposent les chaînes logistiques mondiales. Une désescalade, à elle seule, ne suffira pas à ramener durablement le secteur en eaux calmes : flux détournés, coûts d’assurance et incertitudes de marché devraient perdurer à court terme.
Dans ce contexte, sans répondre à tous les défis, le transport à la voile tel que proposé par VELA – prix fixes indépendants des fluctuations du cours du pétrole, opérations portuaires à l’écart des hubs congestionnés, modèle affranchi des charges croissantes de la transition énergétique – présente aux chargeurs une alternative stable et prévisible.
Des prix stables face à la volatilité du fret
Les prix offerts par VELA sont fixés pour trois à cinq ans. Cet engagement, porteur de visibilité, tranche avec la volatilité des taux de fret, exacerbée depuis la crise du Covid-19. Alors que le Drewry World Container Index repart à la hausse malgré le peu d’activité du secteur à cette période de l’année et les réserves importantes des ports de soutage, il est difficile de prédire où la séquence actuelle dans le Golfe conduira cet indice de référence.
En 1967, lors de la guerre des Six Jours, les taux de fret s’étaient envolés suite à l’embargo sur les exportations pétrolières du Golfe à destination des pays soutenant Israël. En 1973, après la guerre du Kippour, une stratégie similaire avait amené le phénomène inverse : l’activité économique ralentie avait contracté la demande.
Malgré le cessez-le-feu annoncé mardi 8 avril au soir qui laisse espérer une issue plus heureuse, une chose est sûre : cette crise nourrit l’imprévisibilité systémique du transport international, et s’inscrit dans une tendance générale haussière des tarifs du fret maritime.
Une crise révélatrice de notre vulnérabilité
L’Agence internationale de l’énergie (AIE) décrit le conflit comme :
« la plus importante perturbation de l’offre de toute l’histoire du marché pétrolier mondial ».
Pour cause, un quart du pétrole transporté par voie maritime transite par le détroit d’Ormuz, où la navigation a été fortement entravée ces dernières semaines. Leurs exportations ayant été fortement perturbées et certaines infrastructures endommagées, les États arabes du Golfe ont réduit leur production de pétrole d’environ 10 millions de barils par jour début mars.
Résultat : le prix du fuel lourd, utilisé par l’ensemble de la flotte commerciale, a fortement augmenté, doublant quelques semaines après les premières frappes américaines et israéliennes sur l’Iran, et dépassant les 1 000 $/t dans les principaux hubs de soutage.
Cette guerre met ainsi en lumière les faiblesses inhérentes de nos chaînes logistiques excessivement centralisées, dépendantes de la disponibilité fluctuante de carburants en voie de raréfaction. Elle illustre également la sensibilité immédiate du transport maritime aux tensions sur l’approvisionnement énergétique, qui se répercute sur les taux de fret.
Trois piliers d’une énergie fiable
Les combustibles fossiles contiennent une énergie dense, actionnable sur commande et facilement pilotable. Là est leur atout à l’échelle de l’usager, par rapport aux énergies renouvelables.
Mais cette impression de contrôle est trompeuse pour peu qu’on observe l’approvisionnement énergétique qui soutient ces usages et influence leurs coûts. Dès lors, cette triple exigence – densité, accessibilité, modulabilité – joue contre le pétrole et en faveur des énergies renouvelables.
Rareté des combustibles fossiles, abondance de l’énergie éolienne
La volatilité de l’offre de pétrole tient d’abord à sa répartition hétérogène. Le conflit qui paralyse aujourd’hui le Golfe persique en est un rappel criant : à eux seuls, les États du CCG détiennent près d’un tiers des réserves mondiales de pétrole.
Cette concentration est le fruit d’une histoire géologique très lente et singulière. La densité énergétique du pétrole en un lieu donné va de pair avec sa rareté partout ailleurs.
Le vent constitue, lui, une ressource universelle. Partout, l’atmosphère est en mouvement. Il n’y a qu’à hisser les voiles pour faire usage de sa force gratuite, sans intermédiaire logistique. Cette forme de souveraineté énergétique directe entre en ligne de compte dans la stabilité des prix proposés par VELA.
Fluctuations de l’offre, volatilité des prix : l’énergie intermittente n’est pas celle que l’on croit
On reproche parfois à l’énergie du vent son intermittence. Celle-ci est pourtant très relative : en mer, elle est maîtrisée grâce à un routage fin et à la précision de la météorologie moderne. La variabilité de l’offre d’hydrocarbures, elle, est bien moins prévisible.
Elle dépend notamment des intérêts – voire de l’irrationalité – de certains acteurs géopolitiques, sur laquelle nos stratégies doivent souvent s’aligner. L’épisode actuel n’a rien d’inédit : l’histoire du marché pétrolier est jalonnée de telles crises. Ces entraves politiques à l’offre de pétrole sont même vouées à se renforcer avec la contraction physique de la ressource, les principaux pays fournisseurs faisant face au déclin probable de leur production au cours de la décennie 2030.
À l’échelle d’une vision stratégique, l’énergie éolienne est une constante au-dessus des océans. Cette donnée contribue également à maintenir des prix de palettes fixes à bord de notre cargo à voile.
Perturbation du coût par tonne-kilomètre
Au-delà des tensions énergétiques, l’escalade militaire autour de la péninsule arabique a mis en lumière la contrainte de sécurité qui pèse lourdement sur le prix du fret.
Face aux menaces des Houthis en mer Rouge, de nombreux navires ont été détournés vers le cap de Bonne-Espérance pour rejoindre l’Europe. Ce détour allonge les trajets, augmente la consommation de carburant et mobilise la flotte disponible plus longtemps, faisant mécaniquement grimper le coût par tonne-kilomètre sur l’ensemble du transport maritime international. Ces ajustements ne sont pas nouveaux : plusieurs crises récentes ont déjà forcé le transport maritime à adapter ses routes.
La propulsion vélique ne supprime évidemment pas ces contraintes sécuritaires. Pour assurer une grande prévisibilité opérationnelle, la première ligne de VELA a été conçue à travers l’Atlantique Nord – un plan d’eau largement ouvert, sans détroits majeurs et éloigné des conflits.
Les ports sous pression
Le détournement des navires en direction du Golfe persique et le report du trafic sur un nombre réduit de lignes accentue une autre source de coûts pour le fret maritime : la congestion des ports. Les grands hubs, déjà saturés, se voient obligés d’investir pour absorber des volumes croissants. Ces contraintes se répercutent directement sur les prix.
En opérant depuis des ports secondaires, moins encombrés, VELA contribue à décentraliser l’infrastructure logistique du transport maritime, pour renforcer sa résilience. Par la même occasion, nous économisons un temps considérable lors du chargement et du déchargement.
Le défi du climat
Les ports, comme l’ensemble de la flotte commerciale, font face à un autre défi structurel : la transition énergétique et l’entrée en vigueur de normes environnementales.
L’Organisation maritime internationale (OMI) œuvre à la mise en place d’un cadre “Net Zero” visant la neutralité carbone du transport maritime d’ici 2050. Bien que son adoption ait été repoussée, cette initiative révèle une trajectoire réglementaire de plus en plus contraignante pour les armateurs.
Renouvellement des flottes, adaptation des infrastructures portuaires, développement de carburants propres, tarification des émissions : autant d’initiatives nécessaires qui imposent au secteur des investissements massifs et croissants. Autant de charges à venir qui renforcent, malheureusement, la volatilité des taux de fret.
En inscrivant la réduction des émissions gaz à effet de serre et la préservation de la biodiversité au cœur de la conception de ses voiliers-cargo, VELA s’affranchit des coûts de la transition, et se classe parmi les pionniers d’un transport international responsable.
Le vrai prix de la guerre
Cela ne suffit pas. Aujourd’hui plus que jamais, la responsabilité du transport maritime doit se concevoir dans sa dimension sociale autant que dans sa dimension environnementale. Le conflit au Moyen-Orient nous a rappelé, si c’était nécessaire, le prix humain de notre dépendance aux énergies fossiles.
Les conflits attisés par l’appétit pétrolier sont nombreux. Nombreux, également, les pays exportateurs peu soucieux des droits de l’Homme et des travailleurs. L’extraction comme le transport d’hydrocarbures s’opère dans des conditions sociales et de sécurité insuffisantes, pour les ouvriers comme les marins. Ces dernières semaines, plusieurs navires ont été coulés dans le Golfe persique.
Nous détacher autant que possible des énergies fossiles, c’est donc aussi réduire notre recours à une industrie parfois peu respectueuse des droits humains, et retirer – même un peu – son carburant à la guerre.
Blowing in the Wind
En 1962, Bob Dylan évoquait déjà le vent comme une réponse aux enjeux de son époque. Aujourd’hui, cette perspective trouve un écho particulier dans le secteur de la logistique : l’énergie éolienne offre une alternative pertinente face aux contraintes opérationnelles, environnementales et sociales liées à la dépendance aux hydrocarbures.
L’enjeu actuel, porté par des acteurs comme VELA, réside dans le développement de technologies capables de mobiliser cette ressource renouvelable et disponible afin d’en optimiser l’usage industriel.
Les combustibles fossiles stockent une énergie dense et facilement pilotable. L’énergie vélique, en comparaison, est inconstante et diffuse. Comment, dès […]
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